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14 Les causes fondamentales de la sous-alimentation chronique sont celles dont les racines se trouvent dans la structure de la société. Elles peuvent être historiques, politiques, économiques, culturelles ou même écologiques (Jonsson 1988, 29-33). Ce sont celles qui expliquent pourquoi les groupes les plus vulnérables de la société n’ont pas des droits de possession suffisants sur les ressources productives qui leur permettraient d’avoir accès à l’alimentation.

15 Contrairement à une idée reçue, ces causes fondamentales ne peuvent se résumer à la guerre ou aux catastrophes naturelles . Les conflits armés et les catastrophes naturelles (principalement les sécheresses et les inondations) limitent certes de façon importante l’accès à l’alimentation, mais ils ne touchent que 10% des personnes qui souffrent de sous-alimentation chronique (UN Millennium Project 2005, 3-4). Aujourd’hui, la plupart des chercheurs s’accordent pour dire que les causes fondamentales de la sous-alimentation sont les exclusions politiques et économiques , les injustices sociales et les discriminations (Brunel 2009, 43-59).

16 J. de Castro l’a très bien résumé: «La faim, c’est l’exclusion. Exclusion de la terre, du revenu, du travail, du salaire, de la vie et de la citoyenneté. Quand une personne arrive au point de ne plus rien avoir à manger, c’est que tout le reste lui a été dénié. C’est une forme moderne d’exil. C’est la mort dans la vie» (FAO 2004, 9) mintamp;berry Robe en jersey white alyssum hSnq9anvxN
.

17 Selon des études de la FAO (2008b; 2008c), de la Banque mondiale (2008) et de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI 2008), les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 40% entre mars 2007 et mars 2008, de 56% entre janvier 2007 et juin 2008, de 83% entre février 2005 et février 2008 (181% pour le blé) et de 130% entre janvier 2002 et juin 2008. Entre mars 2007 et mars 2008, le prix du blé a augmenté de 130% sur le marché international, celui du riz de 74%, celui du soja de 87% et celui du maïs de 31% (FAO 2008c). Cette augmentation spectaculaire des prix a donc amplifié une tendance structurelle qui a vu les prix des denrées alimentaires augmenter de 2002 à 2008.

18 Comme l’a noté le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, O. De Schutter, cette situation est historiquement exceptionnelle: «Au premier trimestre 2008, les prix nominaux internationaux de toutes les principales denrées alimentaires ont atteint les niveaux les plus élevés enregistrés en près de cinquante ans, tandis que les prix en valeur réelle ont atteint leur plus haut niveau en près de trente ans, ce qui a provoqué des troubles sociaux dans plus de quarante pays» (AG 2008, 4) (voir graphique 1).

Graphique 1 – Evolution des indices FAO des prix alimentaires, 1961-2008

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Source: FAO (2008b, 9).

36 (ii) Enfin, Aragon exploite l’un des aspects les plus novateurs du chapitre VII de l’ouvrage de Damourette et Pichon, la modification du nom. Précurseurs de ce point de vue 33 , les auteurs s’y intéressent à des exemples comme «Une Carthage neuve est sur le point de surgir», où le nom propre est accompagné d’un article et un adjectif. Leur analyse est la suivante: c’est un cas «dans lequel sans que l’extension sémantique du nom propre soit aucunement changée, il est distingué, à l’intérieur même de sa personnalité, plusieurs espèces, en raison des points de vue divers auxquels on peut l’envisager 34 ».

37 Il y a plusieurs exemples de noms propres modifiés dans l’«Histoire d’Angus et de Jessica»: « la nouvelle Jessica eût pu partir des genoux du jeune homme » (BO, p. 301), « Angus avait beau surveiller la maison des marchands de porcelaine, il n’était jamais là quand sa Jessica sortait » (BO, p. 304); «De toute façon, je ne vous le décrirai pas, ce garçon [Angus], crainte qu’il soit moins beau que le vôtre , dans l’extravagance de son âge et le vacarme de son nom» (BO, p. 301; nous soulignons). Tous témoignent précisément de cette «division de l’être en plusieurs espèces», selon les multiples points de vue, éventuellement contradictoires, sous lesquels on les considère.

38 Le travail aragonien sur la référence propriale consiste finalement à dévoyer deux des caractéristiques linguistiques du NP (l’insignifiance et l’unicité), et à en exploiter une troisième dans le même temps (la modification du nom). C’est ainsi qu’il assouplit et multiplie la référence du nom, qui devient le procédé majeur de la contradiction logique.

39 Le NP n’est pas la seule expression référentielle touchée; la fluctuation de la référence atteint une autre catégorie, celle des pronoms de l’interlocution, les déictiques je et tu . Ce roman extrêmement complexe et foisonnant, qui narre globalement les errances de Geoffroy Gaiffier, un linguiste qui peine à surmonter le départ de sa femme Blanche survenu dix-huit ans auparavant, matérialise l’errance d’un je privé de son tu amoureux par la mise en doute systématique de la référence des déictiques:

J’ai essayé de ne plus être celui qui parle, comme on dit, à la première personne, de ne plus être la première personne. Parce que cela me faisait mal où j’étais amputé de toi. Atrocement mal. La première personne, d’être la première, en suppose une seconde, la seconde. Je saignais de dire encore je … d’être ce je qui ne s’adresse plus à personne (p.390).

40 Dans le directement appelé par le , on retrouve l’influence visible de Benveniste, qui est même cité deux pages plus loin. Geoffroy délègue à plusieurs reprises sa voix narratoriale; le se fait extrêmement fluctuant, le nouveau narrateur du récit étant peu identifiable et vraisemblablement pluriel 35 .

41 L’incertitude et la multiplication contre-nature de la référence propriale s’étend donc à la référence déictique. Or, références déictique et propriale ont en linguistique bien des points communs, à commencer par le fait qu’elles sont toutes deux non descriptives. Après la grammaire de Port-Royal, c’est justement Benveniste, qu’Aragon connaissait bien, qui a mis en évidence les ressemblances entre déictiques (toniques) et noms propres: «À la ressemblance et à la différence du nom propre social, MOI est, dans l’instance de discours, la désignation autique de celui qui parle: c’est son nom propre de locuteur 36 ». Pour le dire dans les termes de Mill, le est vide de sens, tout comme le NP. D’autre part, le suppose également l’unicité référentielle. On voit que comme le porteur du NP, le locuteur se multiplie et devient apte à prendre plusieurs visages.

42 Or, démultiplier le je est une expérimentation plus pernicieuse encore que dédoubler les porteurs des noms propres. En effet, la perversion de la référence déictique sape tout l’édifice de l’origine narratoriale unique. Le je non situable peut dès lors remonter et descendre les niveaux narratologiques, et créer des métalepses narratives multiples qui seront autant de défis à la règle de non-contradiction.